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Le blog de fredanik 1ers voyages de plusieurs mois : l'Afrique ! avant l'Amérique...

120 Maroc 2013-14

C’est avec un peu de recul que nous allons maintenant revivre ce voyage au Maroc. Pour des raisons bassement professionnelles, nous sommes passés de 3 mois à 4 semaines, et nos grands projets d’aventures et de découvertes sont revus à la baisse. Pourtant nous sommes arrivés à concilier les rencontres (anciennes et nouvelles) avec le passage sur des itinéraires nouveaux.

Déjà, nous mettons nos roues sur le continent africain en restant en Espagne. Ceuta, ou Sebta, est une enclave espagnole à l’instar de Melilla. Nous commençons le voyage en suivant la Méditerranée, côte sauvage et découpée. Une petite piste accueille le camping-car. 007 Rif on rentre!Quelques taxis, voitures ou fourgons, chargés à craquer, passent. Leurs occupants, bien qu’étonnés, nous font des gestes amicaux accompagnés de larges sourires. Nous sommes curieux de savoir où peuvent bien aller tous ces gens sur cette piste qui grimpe raide sur les flancs très abrupts et cultivés. Les chevaux, qui n’ont rien des Dahus, ont du mal à tirer les charrues de bois. Au milieu de drôles de meules de foin, 001 Rif foinen forme de champignon, disséminées dans la montagne, nous rencontrons 2 bergères dont l’une est en train d’aider une chèvre à mettre bas 2 chevreaux.

 

Plus haut, une dame et une jeune femme chargée d’un bébé sont en pleine activité autour d’un four en terre. Fadila et Fatima nous font signe de les rejoindre. Elles sortent les belles chaises en plastic et avant de nous inviter à nous asseoir, mettent un petit coussin sous nos fesses délicates. Une fois les braises sorties, elles enfournent une dizaine de galettes, très vite nous aurons le bonheur d’en goûter une toute chaude avec thé, beurre et huile d’olive. 006 Rif chez Fadila on déguste!Le lendemain matin, nous referons l'heure et demie de montée et prendrons un deuxième petit déjeuner quand nous allons leur dire « choukrane et au revoir ». Nous souhaitions aller jusqu’à la frontière algérienne mais il fait gris, froid et pluvieux : nous descendons directement droit vers le sud.

 

Traversée du Moyen Atlas épique qui laissera même quelques cicatrices sur le camping-car. Neige, vent et routes recouvertes de glace. Des véhicules, qui comme le nôtre doivent avoir des pneus en fin de vie, glissent, peinent, dérapent, calent. 012 Moy Atlas verglas!Nous arrivons, à la limite de l’adhérence, au sommet du col à 1970 mètres d’altitude. Nous traversons un grand plateau venté, enneigé qui nous rapproche du grand sud, du désert et de la chaleur peut-être. Nous essayons de retrouver des familles que nous avions rencontrées le printemps dernier mais pour la plupart, c’étaient des nomades et les nomades, par définition, se déplacent et deviennent introuvables. La déception de ne pouvoir leur donner les photos et les quelques habits et jouets (donnés par des amis) est remplacée par le bonheur d’autres rencontres. 036 palmier perduFatim, ses 3 enfants et ses 5 ânes qui viennent chercher de l’eau dans ce trou au milieu d’un oued perdu dans une immensité minérale. Juste un palmier profite et indique que l’eau est là, dans le trou d’une dalle de pierre qui tapisse le fond de cet oued pourtant asséché. Plus de 1 heure de marche depuis le campement et même si la fatigue est là pour les enfants d’à peine quelques années, pas le temps de s’apitoyer, il faut aider la maman, prendre l’initiative de faire boire les bêtes. 038 eau anesl puits plamier perduZara arrive seule avec un petit emmitouflé dans son dos. Et si cette fois je l’aide pour remplir ses bidons, d’habitude elle se débrouille bien toute seule, comme elle le fait pour cuire quelques graines sur un lit de sable qui chauffe sur un maigre feu de brindilles. Nous sommes à son campement, pas moyen de savoir ce qu’elle cuit car encore une fois, la barrière de la langue vient mettre un frein à la communication. Par contre nous comprenons son désarroi et la souffrance du petit quand elle nous montre les plaies étendues (brûlures, eczéma ???) dans le cou de l’enfant. 040 enfants ZaraSa seule médecine, c’est une sorte de grigri, un collier qui ne fait qu’accentuer le mal. Que faire ? nous ne sommes pas médecin et ces foutues barrières de la langue et de la culture nous empêchent de simplement lui  conseiller d’enlever le chanvre irritant. Impuissants et penauds, nous reprenons notre route dans notre palace roulant.

Quel contraste entre Zara et les centaines de 4x4 qui tournent à M’Hamid ! Une horde de touristes qui viennent passer le nouvel an dans les dunes, aidés par un cohorte de jeunes Marocains bien sapés, lunettes de soleil sur la tête. 047 Nesrate chez l'habitantAux portes des dunes, un monsieur nous invite chez lui pour un thé. Il a troqué sa tente, sa khaima, contre une maison mais son dénuement est bien le même. Tout à côté de cette agitation touristique mais si loin d’elle dans sa vie, il nous « offre » le thé. Ce terme offrir qui est toujours présent à chaque rencontre. Les gens n’ont rien, ils offrent tout, eh bien ! quelle leçon, ça donne des frissons dans le dos !

Nous cherchions la petite princesse Aïcha, sa maman Fatima et son frère Omar au puits, mais les nomades nomadisent… 056 gde aicha petite aichaAlors nous tombons sur la belle Aïcha et M’Bark son bébé,dans leur agitoune, leur tente. Hussein,l’homme de la famille,est avec le troupeau de chèvres et de moutons pour les faire paître. Manger, brouter ! mais quoi ? nous aimerions bien le savoir. A chaque troupeau rencontré, nous scrutons le sol à la loupe ; agenouillés nous essayons de voir au moins un brin d’herbe. Rien ! moins que rien ! voilà ce que nous découvrons à chaque fois.

Il nous arrive de retrouver des familles qui sont émues par les photos que nous leurs remettons, et nous sommes invités, bichonnés. On nous proposera même un bébé, c’était juste à la limite de la blague…

Nous avons vu des fours où des hommes font de l’ammoniac,  nous avons vu des gazelles, 066 Tifnit gazelle souss massamangé du poisson au bord de l’Atlantique, nous nous sommes baladés sur les dunes, dans les montagnes, les déserts. Nous avons malheureusement couru un peu contre la montre pour essayer d’assouvir notre soif de découvertes et de rencontres et nous n’y sommes pas arrivés.

Tant mieux nous aurons donc encore l’occasion de retourner au Maroc où chaque paysage est enchanteur et chaque rencontre nous émerveille et nous enrichit  de tant d’espoir sur le genre humain.      058 familleva chercher eau